Marc Séguin

Random Forest
9 septembre 2026 au 24 octobre 2026

En Gaspésie, l’an dernier, Marc Séguin pêchait lorsqu’il a remarqué, de part et d’autre de la rivière, les vestiges d’anciens piliers de pont. Son guide, un Anglo-Gaspésien dont la famille a côtoyé la famille Coffin depuis toujours, lui a révélé que c’est de ce pont que Wilbert Coffin aurait jeté son arme après avoir tué trois chasseurs américains en 1953. Les corps démembrés des victimes, comme le camp de chasse de Coffin, avaient été retrouvés à quelques mètres à peine de l’endroit où se tenait l’artiste.

 L’affaire Coffin — coupable ou pas, la question fait toujours débat aujourd’hui — fascine depuis plus de soixante-dix ans. Séguin connaissait l’histoire depuis longtemps ; mais apprendre qu’il se trouvait, ce matin-là, sous un épais brouillard, sur les lieux mêmes du drame, a changé sa lecture du paysage. Il s’est immergé dans les récits de l’époque. Dans un reportage de 1987, un vieil homme résumait toute l’affaire en une seule phrase : « il n’y a que la nature qui sait la vérité ».

 De cette expérience est née la sérieRandom Forest, des œuvres réalisées à l’huile sur toile — un titre emprunté à l’algorithme célèbre de notre époque, mais qui renvoie aussi ici à une tout autre forme de savoir : celui des arbres et de la forêt, seuls témoins réels de ce qui s’est passé.

 Ces œuvres incarnent une forme de résilience, à la fois douce et violente, et véhiculent une atmosphère ambivalente, apaisante à première vue et légèrement inquiétante. Plongées dans la brume, ces toiles renvoient à une scène de crime où la lumière joue un rôle central.

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