27 novembre 2019 – 25 janvier 2020

Mythe intemporel

Se rendre au texte

Vernissage mercredi le 27 novembre à 18 h

C’est toujours un plaisir et un honneur pour la Galerie Simon Blais de présenter cette géante de l’art contemporain canadien qu’est Françoise Sullivan. Cette exposition revêt un caractère particulier pour cette mère de quatre enfants qui a toujours associé l’art à la vie. Au mois d’août dernier, alors que Françoise Sullivan est en pleine production en prévision de cette exposition à la galerie, son fils Jean-Christophe meurt des suites d’une brève maladie. 

Le choc de cette disparition est brutal. Il s’ensuit un changement radical dans le traitement de la surface des tableaux. C’est un retour à une gestuelle plus marquée. La palette, quant à elle, s’assombrit, tout en gardant quelques éclaircies lumineuses. Il ne s’agit pas d’une rupture puisque l’esprit des Cartésiens (2016) et des Damiers (2018) demeure. Cette manière de faire s’avère exigeante. Sullivan en parlera en ces termes : « Faire ces tableaux est compliqué. Chaque nouvelle forme devient un problème plastique à régler! »[1]

Françoise Sullivan tient toujours à montrer ses œuvres les plus récentes. C’est une qualité propre aux grands artistes qui explorent et veulent nous faire part de leurs découvertes. Ces œuvres récentes seront accompagnées de tableaux plus anciens qui viendront en ponctuer la lecture, donner une perspective historique, intemporelle.

C’est la triste rançon d’une longévité exceptionnelle, que de perdre en cours de route ceux que l'on aime. Françoise Sullivan a souligné sous forme de tableaux les artistes qu'elle a connus et qui se sont éteints au fil des ans. C'est ainsi qu'est née, en 2003, la série des Hommages, relancée en 2018 lors d'une exposition à la Fondation Guido Molinari. Au moment d'écrire ces lignes, le nombre final de tableaux demeure inconnu puisque l'artiste y travaillera jusqu'à la toute dernière minute, mais on peut s'attendre à voir une dizaine d'œuvres comprenant des Hommages récents.

Cette exposition se veut un hommage à Jean-Christophe.

Aux côtés de Paul-Émile Borduas, Françoise Sullivan a fait partie des membres fondateurs de l’automatisme, mouvement avant-gardiste dont elle signa en 1948 le Refus global, manifeste auquel fut annexé le texte intégral de sa célèbre conférence, La danse et l’espoir. Ses œuvres ont fait l’objet d’innombrables expositions individuelles et collectives, notamment au Musée d’art contemporain de Montréal, en 1981 et en 2018, au Musée national des beaux-arts du Québec, en 1993, et au Musée des beaux-arts de Montréal, en 2003.



[1]Françoise Sullivan, Atelier de la rue Sainte-Madeleine, 17 octobre 2019, 10 heures 53.